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Il est arrivé à de nombreuses reprises que je rencontre des clients dans la soixantaine. Presque chaque fois, leur âge a été un sujet longuement discuté dans nos rencontres. Je vous rassure, le sujet n’est jamais venu de moi.
Parfois présenté comme une préoccupation, parfois comme un obstacle à l’emploi et d’autres fois comme une forme de discrimination, peu importe l’angle, le thème revient régulièrement. Dans tous les cas, ma position sur le sujet demeure sensiblement la même : j’oscille entre questionnement et révolte. Pour moi, il est difficile de concevoir qu’une candidature puisse être écartée uniquement en raison de l’âge.
Nos discussions nous amènent souvent à explorer les stéréotypes associés aux différentes générations. Appartenant moi-même à la génération des Y, ou des milléniaux, je suis associée à l’image d’une employée qui change fréquemment d’emploi. À l’inverse, les personnes actuellement dans la soixantaine sont souvent perçues comme des employés stables et fidèles. Dans cette perspective, leur profil peut représenter un atout important pour plusieurs organisations et devrait être vu comme un avantage, un élément que j’ai pris l’habitude de leur refléter. Répondre à un biais par un autre biais, c’est la solution que j’ai trouvée non pas pour banaliser leur perception, mais pour tenter de voir la situation sous un autre angle.
Des exemples de situations vécues
Prenons l’exemple d’un client qui est allé déposer son CV en personne. Lors de l’échange, la gestionnaire lui a demandé son âge (oui, je sais c’est illégal!) et l’a noté sur son CV. Mon client n’a pas été recontacté par la suite. Bien qu’il soit difficile de conclure que son âge fut l’élément dissuasif, cette situation soulève des questionnements.
Une autre cliente s’est fait mentionner que sa candidature n’avait pas été retenue, puisqu’elle allait probablement avoir des exigences salariales trop importantes, vu son expérience.
Je vous avoue que ces deux exemples de discrimination assumée m’ont particulièrement fâchée. Je trouve dommage que les biais des employeurs, possiblement inconscients, aient eu comme conséquence de mettre de côté des candidatures que je jugeais intéressantes.
De mon côté, je vais continuer d’accompagner les personnes dans la soixantaine en leur rappelant que chaque employeur est différent et que plusieurs organisations reconnaissent pleinement la richesse de leur expérience. Pour la suite, j’espère entendre davantage de récits d’expériences positives en lien avec l’âge de mes clients.
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