« Marianne, est-ce que je devrais écrire une nouvelle publication pour LinkedIn ? » – C’est la question qu’un de mes clients m’a posée récemment.
Pour faire une histoire courte, il n’avait ni grande nouvelle ni de conseil révolutionnaire à partager : il était simplement stressé parce que ça faisait « longtemps » qu’il n’avait rien publié. Il avait peur que son absence virtuelle lui nuise, comme si sa valeur professionnelle dépendait de son apparition dans le fil d’actualité des autres.
Après réflexion, sa peur est tout à fait compréhensible. Aujourd’hui, une grande partie de notre vie professionnelle se déroule en ligne. On finit par croire que, pour exister, il faut demeurer visibles et connectés 24/7. Dans un univers où l’information circule à la vitesse de la fibre optique, disparaître du radar peut effectivement sembler risqué :
- Est-ce que je perds en crédibilité si je ne connais pas les dernières tendances ?
- Est-ce que je manque l’opportunité du siècle si je ne rafraîchis pas mes notifications une dernière fois ?
- Est-ce qu’on va remettre en doute mon expertise si je ne publie pas régulièrement ou si je décide de ne plus être sur les réseaux sociaux ?
La surenchère de la connexion : un cercle vicieux
C’est ce que j’appelle la surenchère de la connexion : si on voit les autres toujours connectés, on se dit qu’on doit l’être aussi pour ne pas « perdre notre place » ou manquer une opportunité. Et puisque tout le monde fait la même chose, la barre monte sans cesse.
Avec le temps, le fait de se comparer constamment aux autres et la pression d’être toujours à l’affût peuvent créer une surcharge mentale et beaucoup de fatigue. Mes clients me le disent souvent : ils se sentent dépassés par la quantité d’information qui circule et ne savent plus où donner de la tête. Et, paradoxalement, beaucoup d’entre eux se sentent déconnectés et invisibles, même s’ils passent des heures derrière leur écran.
La présence virtuelle comme un moyen et non comme une fin
Selon moi, il est tout à fait possible d’être compétent, engagé et même passionné sans se montrer le bout du nez sur toutes les plateformes !
Bien sûr, les réseaux sociaux sont des outils puissants pour créer des ponts et faire circuler les idées, mais ils ne devraient pas être une obligation. On devrait pouvoir choisir de réseauter, de se faire connaitre et de chercher des opportunités autrement, sans être pénalisé.
Plusieurs de mes clients sont d’ailleurs nostalgiques de l’époque où l’on déposait les CV en main propre. Souvent, ils repartaient avec des conseils, une entrevue improvisée sur le coin d’un bureau ou une connexion humaine qu’aucun algorithme ne pourra jamais remplacer.
Connectés ou déconnectés… telle n’est pas la question ?
Finalement, je trouve que le véritable enjeu n’est pas de savoir s’il faut être connecté ou non, mais de se redonner le droit de choisir comment on veut l’être.
Aujourd’hui, on valorise l’efficience et l’instantanéité, mais si on remettait les gens au cœur de nos préoccupations, on réaliserait qu’il existe plus d’une façon de connecter avec les autres et que chaque personne devrait être libre de choisir celle qui lui convient le mieux.
- Vous êtes à votre meilleur derrière un clavier pour envoyer une candidature percutante ou pour bâtir votre réseau en ligne ? C’est parfait !
- Vous préférez serrer une main et jaser de vive voix pour montrer qui vous êtes vraiment ? C’est parfait aussi, vous ne devriez pas être pénalisé pour ça !
Mais cette liberté de choix ne peut exister que si, de l’autre côté, le monde du travail accepte de faire preuve d’ouverture et de flexibilité face aux différentes façons de créer des liens et de se positionner professionnellement. En ne valorisant que ceux qui suivent la cadence effrénée du numérique, les entreprises prennent le risque d’écarter des profils ayant le potentiel d’enrichir, voire de transformer leurs équipes.
La folie n’est jamais bien loin du génie !
« Marianne, me déconnecter ? C’est de la folie ! »
Pourtant, oser la déconnexion, ce n’est pas fuir le progrès. C’est choisir de ne pas se laisser entrainer par la surenchère numérique pour trouver son propre équilibre. Au fond, la vraie folie, c’est de compromettre sa santé physique et mentale en s’imposant une pression constante pour être vu et connecté, alors que ça ne nous convient pas.
Pour moi, le vrai génie, c’est d’avoir l’audace de choisir les modes de connexion qui nous ressemblent, de respecter nos limites et de s’investir là où ça compte vraiment pour nous.
Vous et moi ? Nous sommes le marché du travail. Nous avons donc un pouvoir réel sur les normes et les attentes que nous nourrissons. Refuser l’effet d’entrainement et se montrer ouverts à différentes formes de connexion me semble un premier pas intéressant pour rendre le marché du travail plus sain, inclusif et accessible !
Envie d’explorer la connexion « hors ligne » ? Voici quelques idées :
- Rencontres de recrutement formelles : Foire de l’emploi , journées carrière et Événements Emploi Éclair – pour un contact direct avec des employeurs.
- Espaces de développement professionnel : Formations, ateliers, conférences et groupes de codéveloppement – pour bâtir des liens autour d’intérêts communs.
- Réseaux communautaires et sectoriels : Chambres de commerce, associations professionnelles et regroupements locaux – pour le réseautage et la création d’opportunités.
- Initiatives en employabilité : Organismes communautaires, club de chercheurs d’emploi et ateliers pour candidats – pour développer vos compétences tout en élargissant votre réseau.
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